Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 01:31
Travailler c'est bien, vivre c'est mieux! :) Après cette maxime qui vaut ce qu'elle vaut (elle est aux enchères sur eBay), il est temps d'aborder l'aspect plus "social" et quotidien de ma nouvelle vie américaine. Cela passe par l'obtention de plusieurs choses basiques : un compte bancaire, un numéro de sécurité sociale (ah ah ah), un téléphone portable, ...

Première étape : le compte bancaire. Je vais d'abord faire un aparté utile aux personnes désirant s'installer aux USA pour quelques temps. Contrairement à ce que l'on pourra vous dire ici ou là (pas là, là (je suis en forme ce soir:) )), il n'est pas du tout nécessaire d'avoir son numéro de sécurité sociale (NSS) avant d'ouvrir un compte. Le NSS n'est obligatoire que pour avoir une carte de crédit. Donc direction la banque! Et pas n'importe laquelle s'il vous plaît : la Bank... je vous le donne en mille...of...vous allez voir, c'est étonnant... America!

Me surprenant moi même par l'originalité du choix du nom de mon établissement bancaire,  je m'assois plein d'entrain au bureau de mon conseiller, qui va gentiment m'expliquer comment marche mon compte. Une autre note ici : je me rends compte à ce moment là que les USA sont vraiment le pays de la diversité. Mon conseiller a un très fort accent indien, et sa collègue de bureau parle anglais avec un accent latino pas piqué des vers. En fait, il est très courant de rencontrer ici des gens qui parlent anglais avec un accent typique d'un autre pays. Et ces gens sont pourtant citoyens américains! Pas de malentendu, je fais cette remarque car cette situation se produit BEAUCOUP plus souvent ici qu'en France, et forcément ça surprend... en même temps que ça me détend concernant mon propre accent :)

L'ouverture d'un compte bancaire est très simple, j'ai directement un compte chèque et épargne. On m'emmène même au distributeur de billets pour activer ma carte de débit,et me montrer comment ça marche. Pour la carte de crédit, il faut que j'obtienne mon NSS... Parlons en, de ce NSS!

C'est plutôt un numéro d'historique financier : la sécurité sociale est inexistante ici, du moins si on parle de sécu à la française... mais ce n'était pas une surprise :) Le NSS sert aux entreprises dont vous voulez être le client à vérifier votre historique de crédit. Cet historique contient tous vos paiements de crédit et de mensualités (téléphone, electricité, ...). Et c'est là qu'est le hic pour l'étranger que je suis : pas d'historique de crédit associé à mon NSS, donc je paie des cautions à tout bout de champ! Si c'est raisonnable dans la plupart des cas, ça dépasse l'entendement pour le téléphone portable. Je voulais un iPhone (oui je suis faible, je me lapide avec des pommes pourries tous les soirs). Pour obtenir la bête, on me demande mon NSS:

"Ah, vous n'avez pas d'historique de crédit" (moue déçue du vendeur qui sait qu'il risque de perdre une vente)
"Non"
"Alors si vous voulez un iPhone, c'est possible"
"OK" (sourire de ma part)
"Mais il faut nous verser une caution de $800"
"Bong" (bruit de ma machoire qui se fracasse sur le sol du magasin)

Je repars donc sans iPhone après avoir récupéré ma machoire et sans avoir nettoyé la moquette que j'ai copieusement salopée avec mes gencives, mais avec un portable tout simple et un carte prépayée. Avec le recul, c'est finalement pas mal :) Et pour l'iPhone, on verra plus tard.

Idem pour Internet. Il est possible d'avoir des offres similaires à ce qu'offre les opérateurs en France (Internet + télé + téléphone). C'est plus cher qu'en France (aux alentours de $100  (environ 66€) le mois) et c'est moins bien :) mais bon, je craque quand même, ça me permet de naviguer tranquille et de télécharger regarder des films et des séries, écouter de la musique... Au moment de signer le contrat, même scénario que pour le portable : pas d'historique de crédit, caution de $400! J'explique que je ne peux pas payer ça, et on me fait sauter la télé. La caution descend à $125. Je m'en acquitte, et zou.... Contrat signé le samedi, installation le lundi. Ces cautions sont remboursées au bout d'un certain temps. Mais le système est toutefois pénible.

Les premières semaines sont donc assez coûteuses, et il faut  prévoir un pécule avant d'arriver ici. Mais ce sont de petits tracas, et la vie est pour l'instant assez douce ici :). Prochain post : plus de détails sur l'obtention du numéro de sécurité sociale!
 

Par Matthieu - Publié dans : Premiers pas
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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /Oct /2009 00:28
Une fois les tâches administratives terminées (du moins en grande partie), le décalage horaire avalé (4 ou 5 jours), et le logement trouvé, il me reste donc à prendre mes marques sur mon nouveau lieu de travail.




Comme je l'ai déjà dit, le groupe dans lequel je travaille était précédemment domicilié à Harvard. Il a déménagé à Princeton au début de l'été. Des locaux ont été aménagés à l'occasion, des bureaux et une salle expérimentale tout neufs.  Si j'ai bien compris, le tout s'étend sur 400m², rien que pour notre groupe.

Au moment de mon arrivée, le groupe compte 8 personnes. J'apprends assez vite que d'autres personnes (post-docs, étudiants, visiteurs) vont venir s'ajouter à l'équipe. Le groupe devrait rapidement atteindre une taille de l'ordre de 15 personnes :) En faisant les présentations, je me rends compte de la diversité des savoirs-faire : expérimentateurs, théoriciens, numériciens, ayant travaillé dans la biophysique, l'agroalimentaire, la physique des fluides pure et dure... un gros melting pot scientifique! C'est un peu surprenant au départ, mais vous verrez bientôt qu'en fait, c'est plutôt efficace concernant la vitalité de l'équipe :)

On m'explique ensuite les règles de base du fonctionnement du labo : comment acheter le matériel,  comment gèrer sa disponibilité,... Et là, la phrase qui tue (tout du moins pour moi) : "En dessous de 1000$, tu demandes à personne, tu commandes!".... Il faut savoir que j'ai rarement fait de commandes de plus de 1000$ ou € au cours de ma carrière pour l'instant... Donc c'est un peu une sorte de gros cadeau de noël professionel!

Quelques jours passent. Je présente mes projets en cours aux uns et aux autres. Je me rends compte que j'ai beaucoup à partager avec des gens qui ont pourtant des backgrounds très différents du mien. Au bout de quelques jours, je me retrouve à discuter avec à peu près tout le monde, et surtout j'échange des idées scientifiques avec la grande majorité, sinon la totalité d'entre eux! On parle de possibles collaborations entre nous, et c'est d'autant plus agréable que nous sommes plutôt poussés à collaborer qu'à nous cantonner à notre projet. L'ambiance au sein du groupe a l'air bonne en plus, je ne sens pas de tensions particulières (à voir avec le temps...)

Au bout de la première semaine, en faisant un compte grossier, j'ai 4 à 5 projets potentiels, du matériel à commander, une étudiante déjà au travail sur un des ces projets, et je suis sujet à un bouillonement d'idées, motivé par ces collaborations et la multitude de séminaires et autres conférences que l'université de Princeton offre. On m'avait prévenu qu'une énergie forte se dégageait des Etats-Unis; j'étais à mille lieux de penser que c'était à ce point.

Prochaine étape : acquérir mes attributs américains, un téléphone portable, une assurance maison, et une fatcure de gaz et d'électricité... Un récit épique!

Par Matthieu - Publié dans : Premiers pas
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 01:11
Tout d'abord, une mise au point : quand on arrive à Princeton, on remarque d'abord ça :

La ville est parcourue par des écureuils, habitués à la présence humaine. Ca ne les empêche pas de préférer se cacher dans les arbres, nombreux sur le campus. Les prendre en photos relève un peu d'un défi entre la vivacité de la bête, et votre capacité à déclencher la photo rapidement. En tout cas, ça démarre bien, la nature est plutôt présente ici :)

En arrivant au labo, la première chose que j'ai faite est assez simple : "Waouh!". On dispose d'un grand espace pour bosser, les bureaux sont en open space, mais pas trop open quand même ;). La salle de manip est grande, avec beaucoup de matos à disposition. Le cadre a l'air idéal pour bosser!

Je démarre les démarches administratives. Visite au bureau des visas, pour une explication de ce que je dois faire en cas de déplacement, vacances, d'invitation professionnelles. On aborde aussi le sujet (douloureux pour un français) des couvertures sociales. La directrice du service des visas m'explique que 2 options s'offrent à moi :

  • l'une gratuite, où je suis couvert, mais où je paye toujours minimum 20% de mes soins (imaginez pour une opération à 10 000$, ça fait 2000$...)
  • l'autre payante (60$ par moi), où je ne paye qu'un montant fixe et pas très élevé.
Vu le prix de la seconde option, mon choix est vite fait, et je paierai donc mes 60$ par mois. C'est quand même toujours beaucoup moins bien que la sécu française. En en discutant avec les autres membres de l'équipe, je me rends compte de la chance qu'on a avec notre système. A conserver et à défendre!!!

Deuxième étape : le passage à la DRH, et l'obtention de laTigerCard. Ca m'a pris très peu de temps, la TigerCard se faisant en 5 minutes. Cette carte atteste mon affiliation à l'université. C'est le badge qui me donne accès au labo quand je veux, qui me permet d'avoir des réducs sur certain strucs (que j'ai pas encore identifiés :) ),... Je vais ensuite me déclarer à la DRH pour avoir ma paye à la fin du mois.

Je fais ensuite un détour au service du logement où l'on me répète ce que l'on m'avait dit par mail :

"Vous êtes post-doc?"
"Oui."
"Alors il est fort probable qu'on ne puisse rien pour vous. On vous rappellera quand même, mais cherchez surtout par vous même."
"Ok, merci quand même"

J'avais repéré des appartements sur le site que l'université met à disposition des gens. Je rentre au labo et passe mes premiers coups de fil. Les appartements sont chers, mais celui qui m'intéressarait vraiment m'a l'air abordable et confortable. Je prends 3 RDV pour mercredi, 15:30 pour deux apparts et 17:00 pour l'appart que je convoite. J'ai un autre RDV le jeudi matin.

Les apparts du mercredi sont tout simplement chers pour la prestation qu'ils offrent! Le premier n'a qu'un e chambre et une salle de bains, au dessus d'un bureau (son seul avantage), mais le loyer est de 1650$ par mois, avec pas mal de charge en sus... Deuxième appart : la prestation est meilleure pur le même prix, mais l'appart est simplement en mauvais état. Bref, pas super emballé, j'attends avec d'autant plus d'impatience mon RDV de 17:00 pour l'appartement que je convoite.

17:00 - Que vais-je trouver au 28C Wilton Street? D'abord une vieille dame en robe de chambre. Je me demande au premier abord si c'est bien cette dame qui va me faire la visite. je tourne autour de l'appart, et soudain elle me demande si je suis bien Matthieu. Alors allons-y!

Je rentre dans l'appart, et là, même pas besoin de visiter; c'est bon, c'est celui-là que je veux :) Un premier étage avec chambre, salle de bain, cuisine et grand salon. Au deuxième étage, une autre chambre et une salle de bain. L'espace est bien réparti, je pense que ça va le faire en terme d'aménagement. L'appart doit bien faire 100 m²... et le loyer et de 1350$! Rapide calcul - c'est bon je prends! Je reçois un dossier à remplir, et on se revoit vendredi pour les clés.

L'appart du jeudi matin était lui aussi bien trop cher pour la prestation. Je n'ai donc aucun regret sur mon choix. Et voilà donc ma nouvelle maison, dans laquelle j'occupe le 1er et le 2ème étage :


J'emménage le vendedi en suivant. La question du logement étant réglé, ça m'enlève un poids sur l'esprit et je peux commencer à me familiariser avec le labo. Prochaine étape : commencer mon boulto de post-doc!

Par Matthieu - Publié dans : Premiers pas
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 22:21
6h15, debout et en avant! J'ai rendez-vous à 10h00 avec le boss du groupe dans lequel je vais travailler. Je dois prendre le train de NYC à Princeton. Le départ est prévu à 7h53 de Penn Station pour un trajet d'une heure et demi, direction le "Garden State", ou plus prosaïquement le New Jersey.

Le métro m'emmène directement à la gare. J'achète mon billet au distributeur (qui pour le coup prend les billets, c'est très pratique). Le trajet se passe sans cahot. J'arrive à la gare principale de Princeton, Princeton Junction. Il faut alors changer de train et prendre le Dinky, qui emmène ses passgers à la gare de Princeton, qui est collé au campus.

Deuxième session bus, je tombe sur un autre chauffeur, dans le genre "Bertrand Du Guesclin conduit un bus". Il a un bol sur la tête et parle un peu comme Barney dans les Simpsons (cf. l'image en dessous). Flatteur comme portrait, n'est-ce pas? :) Là encore j'ai pas la monnaie, je mets 1.50$ au lieu d'1.35. En avant!



Je me retrouve dans le centre de Princeton, sur la rue principale, Nassau Street. Un côté de la rue est constituée par le Campus de l'université; l'autre côté donne sur le centre de la ville. Je remonte jusqu'au labo, avec mes deux grosses valises, mon sac à dos, un peu flottant à cause du décalage horaire. Je demande mon chemin et j'arrive enfin au labo.

Le labo est tout neuf; ils ont déménagé de Harvard début juillet. Il reste encore de petits travaux à faire, mais on me dit qu'il est fonctionnel. Visite brève du bâtiment, présentation aux autres membres de l'équipe, à l'administration, et c'est parti pour les papiers : TigerCard (qui certifie que je suis bien affilié à l'université), visite au service des visa... Je suis tout de suite agréablement surpris par l'efficacité avec laquelle les démarches se font. Ca va vite, et les gens sont toujours prêts à aider.

Au bout de la première journée, j'ai fini plus de la moitié des démarches pour les papiers. il me reste à obtenir mon numéro de sécu (très important ici, c'est le sésame pour les cartes de crédit et le sacro-saint credit history) et quelques menues babioles. La prochaine grosse étape, qui me donne des sueurs froides à cause de mes expériences passées : trouver un logement!


Par Matthieu - Publié dans : Premiers pas
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Samedi 17 octobre 2009 6 17 /10 /Oct /2009 20:10
Ca fait bientôt 2 semaines que je suis arrivé. Je ne les ai pas vu passées!

Tout d'abord, le voyage : un vol sur Air Canada, avec l'accent bien sûr. Ils étaient "ben conteennnnts de nous avoir à borrrrrd." Le décollage se fait depuis Roissy, temps pourri, mais le privilège de l'avion est de permettre de voir le soleil par tout temps (sauf en cas d'orage p-ê).

 Le Paris - Montréal dure 7h, qui passent assez vite somme toute. A bord, on a la possibilité de regarder films, séries, docus...  Et on arrive à Montréal. Le billet m'annonce 3h d'attente pour la correspondance vers NYC. Long, pas long?

Il s'avère que passer par le Canada est en fait une bonne solution pour entrer aux USA. La douane ne m'a pas cherché des poux, et le fait d'avoir à la passer pendant que les bagages sont enregistrés rend le temps d'attente initial de 3 h assez court. En tout; j'ai vraiment glandé 40 minutes... Raisonnable, non?

Direction NYC La Guardia ensuite : 1h de vol, on est même arrivé un peu en avance. La Guardia est plutôt l'aéroport "domestique" de NY. Entendez par là qu'il n'accueille pas beaucoup de vols internationaux. Mais :

  • il est très proche du centre de NYC
  • comme j'ai passé la douane à Montréal, je sors de l'avion, récupère mes bagages et je saute dans le bus (on va voir que cette dernière étape n'est pas aussi directe).
J'arrive donc vers 19h20 à La Guardia, et j'en ressors à 19h40. Moi qui pensais que ça me prendrait un temps monstre, je suis plutôt satisfait de mes premiers pas américains.

Maintenant le bus... et là les choses se compliquent. En bon voyageur, j'ai évidemment des dollars sur moi. Je monte donc dans le bus, pensant pouvoir acheter un ticket auprès du chauffeur :

 "Ah ah, je vois que t'es nouveau en ville... Le ticket coûte 2.25$. Il te faut des pièces de 25 cents, et ensuite tu achètes ton ticket dans le bus, sur le distributeur"
"Je trouve des pièces où?"
"Dans l'aéroport, y a un appareil qui change les billets pour des pièces."
"Ok, merci"

De retour à l'aéroport donc, je trouve la machine et fais du change sur 1$. Retour à l'arrêt de bus, je monte dans le bus qui arrive et là, sur le distributeur : "Pas de billets". J'avais oublié ce détail! Le chauffeur ferme la porte, me demande de m'asseoir et de chercher la monnaie auprès des passagers. En bon français, je pense que c'est voué à l'échec. Je demande et tout le monde me dit non... Je m'asseois et me dis que je prends le risque de l'amende... quand une femme vient me voir en me tendant le change sur 1$, et en me disant qu'une autre peut me filer le change pour le 2ème dollar! Je suis agréablement surpris, fait les opérations et obtiens enfin mon ticket. Le voyage devient d'un coup plus tranquille. Le chauffeur, pas très commode, me renvoie balader lorsque je lui demande s'il peut m'indiquer quand on sera arrivé à l'arrêt que je cherche : il annonce les arrêts au micro de toute façon... Mouais, enfin je comprends pas tout à ton satané micro...

Mais quand même j'arrive là où je veux! Direction chez Stéph et Pauline (après avoir demandé ma route a un New Yorkais, qui m'a très gentiment aidé). Enfin du repos! Stéph et Pauline habitent près de l'université de Columbia. En terme de vues l'appart donne sur la fac d'un côté et sur la ligne de gratte-ciels de l'autre (la fameuse Skyline). C'est juste beau! Je suis accueilli royalement, on passe la soirée à discuter, mais je me fais terrasser par le décalage horaire... Dodo et ensuite direction Princeton!
Par Matthieu - Publié dans : Premiers pas
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